On entre chez Fortuny comme on entre dans une pénombre dorée.
Des tissus suspendus.
Des pigments.
Des machines modifiées par lui-même.
La lumière de Venise filtrée par des étoffes qu’il a inventées.
Fortuny ne travaillait pas dans un atelier.
Il habitait un laboratoire.
Peintre de formation, il devient inventeur de procédés textiles. Créateur de robes antiques pour femmes modernes. Designer de luminaires. Technicien de théâtre. Chercheur obsessionnel. Explorateur de la matière et de la liberté silencieuse.
Ce qui frappe chez lui, ce n’est pas le style.
C’est l’unité.
Tout semble issu d’un même regard :
la lumière, la couleur, la texture, l’espace.
À BLEU ATELIER, cette idée nous travaille souvent :
un lieu doit-il accumuler ou relier ?
Fortuny ne juxtapose pas.
Il orchestre.
Son palais vénitien n’était pas un showroom. C’était un monde cohérent, où chaque objet participait d’une atmosphère.
C’est peut-être cela qui nous inspire le plus :
créer un ensemble qui respire d’une seule voix.
Un bijou n’est pas isolé d’un meuble.
Un meuble n’est pas isolé d’une lumière.
Une lumière n’est pas isolée d’une intention.
Fortuny nous rappelle qu’un atelier peut être une vision incarnée.
Et qu’un commerce peut devenir un lieu habité.