Ceux que l’on aime / David Daoud, la peinture comme mémoire du voyage

Né au Liban en 1970, David Daoud appartient à ces peintres contemporains dont l’œuvre entretient un dialogue profond avec l’histoire de la peinture sans jamais chercher à la reproduire.

Peintre, dessinateur et sculpteur, il vit et travaille aujourd’hui dans le Vexin. Après une enfance marquée par le Liban et le déracinement, il poursuit sa formation artistique en France et étudie notamment à l’École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris. Il approfondit son travail auprès du sculpteur Charles Auffret, héritier d’une tradition de la sculpture figurative française issue de l’entourage des élèves d’Auguste Rodin.

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Cette formation au dessin, au modèle et au volume reste perceptible dans sa peinture.

Une peinture entre apparition et effacement

Chez David Daoud, la figure humaine est omniprésente, mais rarement descriptive.

Des silhouettes apparaissent, se rapprochent, s’éloignent ou semblent parfois se dissoudre dans la matière picturale. Ailleurs, un paysage s’ouvre sur un horizon incertain. Les corps, les visages et les espaces ne racontent jamais complètement leur histoire.

C’est précisément cette indétermination qui donne à ses tableaux leur force.

Daoud travaille volontiers en grand format. Sa peinture procède par masses, superpositions, effacements et surgissements. Le dessin demeure présent sous la matière et la figure semble parfois lutter avec la peinture elle-même pour apparaître.

Son œuvre conserve ainsi une tension permanente entre figuration et abstraction, présence et disparition.

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Le voyage, l’exil et la mémoire

Le voyage traverse profondément son œuvre.

L’exil, l’éloignement, la nostalgie, l’absence et le passage du temps figurent parmi les thèmes que l’artiste revendique lui-même. Son enfance au Liban et son départ vers la France appartiennent naturellement à cette histoire, sans pour autant réduire sa peinture à une lecture autobiographique.

Car chez Daoud, le voyage devient progressivement universel.

Ses personnages pourraient être ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui. Ils marchent, attendent, se tiennent ensemble ou seuls. La peinture ne précise ni le lieu ni le moment.

Cette absence d’anecdote donne à son œuvre quelque chose d’intemporel.

Une peinture nourrie par les maîtres

David Daoud revendique un rapport très fort à l’histoire de l’art. Son univers se nourrit aussi bien de l’art pariétal que des grands maîtres de la peinture, mais également de musique, de poésie et de contemplation de la nature.

On peut percevoir dans certaines œuvres la mémoire du clair-obscur, la liberté du dessin ancien ou cette capacité propre à certains maîtres à faire surgir une figure de l’ombre avec quelques accents de lumière.

Mais Daoud appartient pleinement à son époque.

La matière est libre, les formes demeurent parfois inachevées et la toile conserve les traces de sa fabrication. Cette rencontre entre une culture profondément classique de la peinture et une écriture contemporaine constitue probablement l’une des singularités les plus intéressantes de son travail.

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Une œuvre entrée dans les collections publiques

Le travail de David Daoud a fait l’objet de nombreuses expositions en France, en Belgique et au Liban. Ses œuvres sont notamment présentes dans la collection permanente de l’Institut du monde arabe à Paris.

En 2011, il reçoit le prix Frédéric de Carfort de la Fondation de France. En 2018, le trompettiste et compositeur Ibrahim Maalouf choisit l’une de ses œuvres, L’Attente, pour la couverture de son album Levantine Symphony n°1.

Une rencontre particulièrement cohérente tant la musique semble parfois présente dans la peinture de Daoud : rythme des figures, silences, répétitions et respirations.

Le regard de Bleu Atelier

Ce qui nous touche chez David Daoud est peut-être avant tout cette capacité à produire une peinture immédiatement sensible sans jamais devenir illustrative.

Il y a chez lui de la matière, de la gravité et parfois de la mélancolie, mais également beaucoup de lumière.

Ses personnages semblent appartenir simultanément à une histoire personnelle et à une mémoire beaucoup plus ancienne.

Une peinture contemporaine profondément consciente de ce qui l’a précédée — et qui rappelle que la figuration possède encore une immense capacité à parler de notre époque.

Les œuvres de David Daoud sont à découvrir chez Bleu Atelier, à Orbec, ainsi que dans notre sélection en ligne ou à découvrir son site : https://www.daviddaoud.com/

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